Mr Patate et moi, on adore conduire. La route, c’est notre truc, on est des Pilotes. D’ailleurs, la pénurie de pétrole nous fait très très peur. On se bat même pour savoir qui va prendre le volant. La guerre est déclarée.

– Mais toi t’as fait l’aller, donc je fais le retour !
– Oui mais j’ai mal à la tête je peux pas être passager si j’ai mal à la tête.
– Oui mais moi si je suis passagère je vomis ! 

Au moment de partir, c’est la course. Celui qui veut conduire est dans les Startings Blocks, motivé, il se dépêche, limite à piquer les clés et s’enfuir en courant s’installer au siège du Maître de la Route et regarder l’autre avec un sourire de vainqueur « Coucouuuu ! »    *clin d’oeil*   dans ta face !

Notre seul problème : les Boulets de la Route. Et ils sont nombreux ! Ils cassent notre kif… (oui, la route ça se partage, il faut prendre les autres en considération, bla bla bla bla …) Et vas y que je mets pas mon clignotant, que je grille le Stop, que je regarde pas avant de tourner, que je m’arrête à un rond point alors que personne n’arrive, que je roule à 50 alors que c’est limité à 90, que je te colle au derrière mais te doublerai pas… J’arrête là, mais la liste est longue. Une horreur. En plus dans le genre patients nous… C’est pas gagné. Parfois je suis à 2 doigts de l’AVC, Mr Patate frôle la crise cardiaque.


Aujourd’hui, j’ai décidé d’être sympa. Je lui laisse la place « Pilote », et prends celle du co-pilote. Ca c’est fort. C’est même une maxi preuve d’amour. C’est que vraiment, j’ai décidé de lui faire plaisir parce qu’il conduit en mode « j’espère que Les boulets de la routet’as pas peur » ou « faut pas avoir le mal des transports », ce qui n’est pas mon cas. Mais alors pas du tout du tout du tout.

Je le harcèle en répétant : « souple chéri, conduite souple. S’il te plait. Sinon je te vomis dessus. SOUPLEUUUUUHHH J’AI DIT ! ». Je me tiens le ventre, j’essaye de faire abstraction, j’essaye de prendre plaisir à regarder le paysage défiler, laissant ma vie entre ses mains, mais non. Rien à faire, je m’ennuie, j’ai envie de vomir, et sa façon de conduire m’énerve. Au plus haut point. « Mais tu fais mal à la voiture ! La pauvre ! Arrêteuuuuuuhhhh !!! Ralala comment tu m’énerves ! » – j’ai rien dit c’est pas moi.

Nous mangeons tous les 2 une banane, comme les nenfants. J’aime tellement manger que ça m’aide à me calmer et ça fait passer le temps plus vite (ouai bon en même temps une banane c’est quand même vite fini, la détente est de courte durée). Elle adoucit un peu ce moment de torture de conduite. Une horde de boulets est devant nous. C’est l’heure où ils sont le plus sur la route. J’ai fini ma banane depuis bien longtemps. Maintenant je suis embêtée avec mon déchet, je sais pas quoi en faire.

feu rouge

Arrive un feu rouge. Les boulets se rangent tous à droite, Mr Patate en profite pour tous les doubler en se mettant sur la voie de gauche, attendant sagement que le feu passe au vert. Je regarde ma peau de banane, puis la horde, puis re ma peau de banane, puis re la horde. Je pense à quel point ils sont boulets. Je pense à mon moment de torture de passagère qui risque de durer plus longtemps que prévu s’ils nous passent devant. Je regarde Mr Patate, pied sur l’accélérateur. Il a l’étincelle du challenge qui brille dans l’oeil. Oui oui, je le vois, il veut à tout prix passer devant la Horde au vert. Je guette le signal, peau de banane à la main, prête à dégainer. Le feu de droite passe au rouge, ça va pas tarder. Je donne le compte à rebours : « 3, 2, 1, GO GO GO GOOOOOOOOOO !!!!! »

Il enfonce la pédale d’accélérateur, nous démarrons sur les chapeaux de roues. Je balance ma peau de banane par la fenêtre, comme dans Mario Kart, je regarde le mec dans son gros 4X4 à côté et crie « alooooors !!! On fait moins le malin là heiiiinnnn ???!!! Pov NAZZZ tu te fais doubler par une caisse de vieux !!! », et on rigole avec notre rire diabolique : « Mouahahaaaa !!!!!» (la peau de banane, c’est biodégradable)

J’ai regretté mon emballement soudain parce que Mr Patate, qui roulait étonnement calmement jusqu’ici, a dû prendre ce petit aparté pour un signal qui dit « vasStop y chéri, lâche toi ! ». Il se lâche. Je me retrouve collée à mon siège pendant ses accélérations (mon estomac est resté 100m derrière nous), projetée en avant quand il freine (vive le pare brise), plaquée contre ma vitre dans les virages, baladée une fois à gauche, une fois à droite ; une voiture arrive sur notre droite, le film de l’accident se produit dans ma tête, je crie en plaquant mes mains devant mes yeux, il klaxonne pour être sûr que le monsieur arrivant l’ai bien vu en s’exclamant «  y a un Stop ! Teubé va ! » (mais euh, chéri ? Il comptait pas te le griller enfait…) Une voiture freine devant nous, il accélère pour piler au dernier moment (j’ai jamais compris pourquoi il faisait ça, ça doit être une maladie). Je lui hurle d’arrêter de conduire comme un abruti, il me répond « Quoi ? Je roule à 90 ! ». Je regarde le compteur. « Euh… Tu sais lire ? ».

Il veut ma mort.
J’ai failli la vomir ma banane.

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