Mr Patate et moi, la tête gonflée de motivation, nous nous sommes inscrits dans une salle de sport. Le truc qu’on n’aurait jamais cru possible pour nous.

flemmeAvant, nous étions plutôt partisans du moindre effort, atteints de flemmingite chronique (très chronique). Le moindre effort nous faisait l’effet d’une crise d’asthme de l’extrême, on crachait nos poumons, on était essouflé rien qu’à mettre un pied devant l’autre (bonjour les marches d’escalier = pire ennemi. On prend l’ascenseur?). Ca donnait du : « passer le balai ??? Pfff… Demain ». Mais demain, c’était 2 semaines après.

Jusqu’au jour où nous avons décidé de nous prendre en mains. Maintenant, ça déconne plus ! Le sport est devenu une véritable drogue pour nous. Au début on le faisait en mode « nan t’inquiète c’est juste pour la forme », mais petit à petit un rituel s’est installé, et si nous faisons un petit écart, la culpabilité nous envahi « Olalalalala il me manque 1 heure de sport pour mon quota de la semaine chérie ! Runtastic dit que j’ai fait que 6 heures, c’est pas assez ! ». Comme quoi… Tout est possible.

salle_de_sport

C’est lui qui a eu l’idée de la salle (tu sais, là où il y a toutes les machines de torture). J’étais sceptique mais finalement elle est devenue notre meilleure amie. RDV 3 fois par semaine minimum, sinon elle nous manque.


La première fois qu’on y est allé, j’ai eu peur. Ca faisait longtemps que j’avais pas vu un tapis de course. Je me suis rappelée mes performances, à La salle de sportl’époque, quand j’étais jeune et pleine de fougue, que j’arrivais à courir 1 heure Fingers in the Nose. Le stress s’est emparé de moi. Parce que je sais que quand on a pas l’habitude, ben c’est très dur les premières fois. J’ai vu toutes les machines alignées les unes à côté des autres, les appareils de musculation qui criaient « Coucou Sofhyyy !!! Viens te faire mal ! Viens souffrir ! Tu peux partir en courant hein rien ne t’y oblige ! ». Non non non, vous ne m’aurez pas comme ça, pas aussi facilement…

Première séance : « mais que ce que je fais là moi ? Ma place c’est pas ici, c’est le canapé ! », je ne me sens pas dans mon élément, j’ai canapél’impression d’être un intrus, un cochon parmi les vaches (elle est claire l’image ?). Je pense à mon canapé et à ma télé, à qui je manque sûrement énormément, et je me dis : « allé, c’est pour ton bien, soit forte ». Je tente un petit coup de tapis, 45 minutes, tranquille, j’y vais molo pour commencer faut pas déconner non plus. Le but est pas de se torturer n’est ce pas ? Les premières foulées sont lourdes, il faut décrasser la machine qui est bien rouillée et totalement raide. J’ai l‘impression d’être un éléphant dans un magasin de porcelaine. A chaque foulée ça fait « Poh Poh Poh » sur la machine. On n’entend que moi, je me dis que tous les regards doivent se tourner vers moi et me maudirent pour le bouquant que je fais. Il faut faire abstraction : j’augmente le son dans mes écouteurs et m’enferme dans ma bubulle. C’est dur de se retrouver 45 minutes en tête à tête avec soi même. Y en a des choses qui passent là dedans, je vous le dis moi !

Vient le tour des machines de musculation. Y en a trop là je suis pas inspirée… J’en teste une, puis une autre, puis encore une autre, je sais pas quelle charge mettre, je sais pas combien de répétitions et combien de séries faire, je suis dans le flou total. J’en essaye une, je suis pas convaincue, j’en essaye une autre… Mouais. Je regarde Mr Patate faire des abdos, je suis prise d’un fou rire en le voyant galérer : il ressemble à un petit Mouton tout mignon. Du coup impossible de se concentrer… Allé on se ressaisi ! Le chemin est encore long.

Heureuse

Petit à petit, l’oiseau fait son nid ! Maintenant, ça y est, j’ai mes petites habitudes, mon rituel de sportif bien ancré. La salle de sport ? Pffff ! De la rigolade ! Je suis devenue efficace, BAM ! J’essaye sans cesse de repousser mes limites. Je suis une machine, devenue totalement accro. Ca permet de me vider la tête, de me purger, physiquement ET psychologiquement. Un matin, je me suis levée du pied gauche. Le vrai pied gauche. La flemme, pas envie, la haine de tout et tout le monde (y a des jours comme ça…), envie de tout casser (la révolte intérieure). Ben je me suis fait violence, et j’y suis allée. Après, j’étais métamorphosée. Gaie, heureue, fière de moi. Des courses pour la 3ème fois de la semaine ? Pas de problème, je m’en charge chéri ! 3 magasins différents ? Je m’en occupe ! Faire la vaisselle et le ménage ? Ok mon coeur ! Pas de soucis ! La vie devient légère et douce. C’est une renaissance, c’est fou.

L’instant que je préfère, c’est quand tout est terminé. Le moment « détente / étirements ». Je vais dans la salle de danse, celle où quand t’es tout seulsalle de danse tu as envie de laisser aller tes pulsions artistiques de danseuse, comme dans « Chandelier », le clip de Sia. Mais tout est sous vidéo surveillance, alors j’avoue j’ai pas osé. Trop peur que le vigile derrière son écran me regarde et se foute de ma gueule.

Avec Mr Patate nous sommes des ermites. On ne se mélange jamais à la foule on déteste ça. Là, on est obligé de composer avec le monde qui nous entoure. Ca nous fait très bizarre d’ailleurs. « De la civilisation chéri regaaaaaarde ! Pfiouuuu trop de monde, ça me fait tourner la tête dis donc ».

Nous avons doucement rigolé en voyant la population qui vient là ba. Des gens normaux. Heureusement. Quand même… Une bonne majorité.

Mais il y en a d’autres.

Par exemple : La fille qui fait vanne « je suis une sportive », mais en vrai elle est là pour se faire remarquer et pour pécho. C’est une princesse. Elle fait l’effort minimum possible (faudrait pas transpirer hein, beurk), elle veut montrer qu’elle est sportive pour plaire aux garçons, mais visiblement c’est pas trop le cas. Elle est toute bien apprêtée : elle s’est habillée ultra moulant pour l’occasion pour bien montrer ses atouts, maquillée, coiffée… J’ai jamais compris les filles qui se maquillent alors qu’elles vont faire du sport (ça coule le maquillage quand tu transpires non ? Ah oui elle transpire pas, elle). Elle entre en phase de séduction quand elle voit un beau gosse : parade nuptiale lancée. Et vas y que je me détache les cheveux en mode « l’Oréal? Parce que je le vaux bien », que je tortille du popotin, que je me mets sur la machine devant pour bien montrer mes fesses… Alalala je vous jure… On a eu affaire à une fille comme ça. Quand elle a vu MON Mr Patate, elle s’est mise à le suivre partout comme un toutou, à faire sa belle devant lui. Elle le lâchait pas. J’étais folle… En même temps, je la comprends. Il est touuuuuut mignonnnnn !

Il y a aussi quéqué boys. Totalement dans le cliché. Pareil que la fille, ils viennent pour pécho. Démarche Kéké boyde quéqué boy en règle, en roulant des épaules « ouais je suis un Bad Boy moi ». Et vas y que je choisis des endroits stratégiques pour matter, et vas y que je me donne en spectacle sur les machines, ils viennent même te proposer de l’aide pour régler les machines ou pour ton entrainement… Mais c’est du blablabla. Et quand tu les entends discuter ça donne du : « ouais elle est trop bonne c’teuh meuf, jvais m’la faire » + tous les commentaires machos qui peuvent exister. High Level.

La cougar. A 7 h du matin, elle arrive, toute fraîche, pimpante, rouge à lèvres, Habillée en collants / minijupe / petit haut ultra ajusté qui va bien / bottines talons aiguille, style je sors en boîte de nuit. Mais il est 7h Madame ! Ca sert à quoi si c’est pour te changer en arrivant ? Je comprends pas, mais alors vraiment pas.

Les bodybuildés. Je les soupçonne de se nourrir aux milkshakes protéinés. Ils sont fiers de leur corps car ce dernier laisse voir le travail accompli pour en arriver jusque là. Et j’avoue, quand je vois le mal qu’on se donne, je comprends la fierté qu’ils éprouvent face à leurs muscles. Ils sont dans la salle des machines trop compliquées pour le commun des mortels. Leur but est de soulever le plus de poids possible pour augmenter le volume musculaire (150 kg, aïeuuuhh). Ils poussentBodybuilding des hurlements de Hulk qui font vraiment flipper, et relâchent les poids sur le sol dans un gros « BOUM » qui fait trembler le bâtiment. Ca fait bizarre quand vous êtes allongé par terre en mode stretching. C’est le genre de mec qu’il ne faut pas énerver. Si tu te prends une droite, ta tête est projetée et vole à l’autre bout de la pièce alors que reste de ton corps reste là, face à la puissance déployée.

Bref…

Une petite gaffe à la Sofhy ? C’est parti !

J’avais terminé ma séance. J’étais fière de moi, en eau, tee shirt trempé. C’était l’heure de la douche ! WOUHOUUUUUUUUU !

Je me dirigeais vers les douches, tout en écrivant à Mr Patate (« fini chéri, je prends ma douche et je te rejoins ! Ca fait trop du bien Poulalalaa ! »).

J’arrive aux vestiaires, me déshabille, passe ma carte pour débloquer la douche (c’est un accès VIP).

Je relève la tête de mon téléphone.

Moment de solitude.

C’était le vestiaire des hommes.

Voilà voilà… Sont cons aussi de faire les vestiaires de la même couleur…

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