On dit souvent de moi que je suis tête en l’air. C’est un euphémisme.

Ne me confiez pas le moindre papier important. J’ai beau le ranger correctement dans un endroit où je serai sûre de le retrouver, il disparaît automatiquement. Surtout les feuilles de paye de décembre dont on a à tout prix besoin pour les impôts. Je les ai toutes. Mais pas celles-ci. Évidemment.

En 1 mois, j’ai réussi à perdre mes clés de voiture et mon nouveau téléphone offert par Mr Patate 2 mois auparavant. téléphone casséNotez que Mr Patate n’est pas forcément plus doué : il a cassé 2 téléphones en 6 mois. Nous sommes de bons clients pour les vendeurs High-Tech.

Le premier, il l’a perdu en moto. Oui, ça arrive. Mais quand on le met dans une poche qui ferme pas, ça s’appelle titiller le destin. Dans notre malheur, on a eu de la chance : un mec de l’autoroute l’a retrouvé et nous l’a rendu. Bon, il était mal en point… Mais Mr Patate a pu récupérer sa carte mémoire, et vu tout ce qu’elle contenait, c’était pas rien.

Le 2ème, il a décidé de se suicider. Après une séance de sport, Mr Patate l’a sorti de sa poche. Il voulait juste voir sa performance sur Runstatic. Ben il ne la connaîtra jamais. Avec la transpiration, le téléphone a glissé de ses mains, et s’est explosé sur une pierre. La seule au milieu du chemin. Il marchait toujours (on l’entendait sonner et tout) mais l’écran restait tout noir. Échec…

Pour le plus grand plaisir de Mr Patate, nous formons un couple de bons gros boulets.

Je ne réhausse pas du tout le niveau. On pourrait croire qu’on fait une bataille de celui qui fera la plus belle.

Un beau matin, comme d’habitude, le réveil sonne. Les réveils, c’est pas mon truc. Comme d’habitude, je me prépare pour aller travailler. Comme d’habitude, je suis à la bourre. Comme d’habitude, je cours partout en rassemblant comme je peux mes idées dans ma tête :

  • S’habiller : Check 
  • Café : Check – faut se réveiller
  • Déjeuner : Check 
  • Se rendre présentable : Check 
  • Se coiffer : Pas le temps – ça fera un effet décoiffé très à la mode
  • 2èmeCafé : Check + cramage de langue – forcément quand on est pressé, on a pas le temps d’attendre qu’il soit moins chaud
  • Repas du midi : Check 
  • Vinaigrette : Check – sinon ma salade sera beurk
  • Goûter : Check – sinon je meurs de faim à 15h
  • Chaussures : Check – si j’y vais en chaussettes et que la police m’arrête,  je suis mal
  • Sac à main : Check – sinon je ne peux pas monter dans ma voiture, ni faire les courses. C’est une option intéressante…

Je m’embrouille, commence quelque chose puis passe à une autre, puis reviens sur la première… C’est le bordel. Je fais un dernier bisou à Mr Patate, lui glisse un doux « à toute à l’heure chéri ! » (ça c’est ce que je voudrais que ça donne. En vrai, un son bizarre incontrôlable sort de ma bouche), et me voilà partie en courant et en claquant la porte (la délicatesse, dans ces moments là, n’est pas dans mes qualités).

Direction -> le travail

tête en l'airArrivée à destination, je me rue vers les vestiaires. Au bout de 3 pas, je me sens bizarre. Il me manque quelque chose. Haannn !! Mon téléphone ! Je fouille dans mon sac : rien. Demi-tour. Je fouille la voiture : Rien. Mes poches : Rien. Bah… Je commence à paniquer. Je refais le schéma de ma préparation dans ma tête. C’est le trou noir. Je ne me souviens de rien. C’est ça l’effet réveil difficile. Mon cerveau enregistre les événements à partir de 9 heures. Pas de doute : j’ai laissé Joe (c’est son ptit nom) à la maison. Toute façon, il ne peut pas être autre part. Je l’avais en me levant, et je ne suis allée nulle part ailleurs que dans ma voiture. Dur une journée sans Joe… Mais bon, je me suis toujours revendiquée non accro téléphonique, c’est le moment de prouver que c’est le cas.

  • 1ère heure : ça roule comme sur des roulettes. Je me sens presque libre. C’est fou comme on est esclaves de ces choses maintenant.
  • 2ème heure : je me surprends à mettre mes mains dans les poches toutes les 30 secondes. Je suis même étonnée de la trouver si vide. Puis je me rappelle qu’aujourd’hui, c’est journée blanche. Haha suis-je bête…
  • 3ème heure : bon, j’avoue. Il me manque un peu mon téléphone.
  • 4ème heure : voir tout le monde avec le sien me fait l’effet d’un couteau planté en plein cœur, qu’on remue bien comme il faut pour accroître la douleur. Je l’imagine tout seul abandonné, et je suis triste pour lui.
    «Dis, tu crois que je lui manque ? Il va pas comprendre le pauvre ! »
  • 5ème heure : je survis comme je peux.
  • 6ème heure : Ok, je craque, je reconnais, vous aviez tous raison. Je suis complètement accro. Rendez-le moi s’il vous plait maintenant ça suffit, j’ai mal.
  • 7ème et 8ème heure : un calvaire. Je me traîne, je rampe, je suis déprimée. Le temps passe décidément trop lentement au travail.

Mr Patate rentre avant moi. Je lui ai donné toutes les directives pour retrouver Joe trop facilement. Ça peut pas rater.
C’est simple, il ne peut être qu’à différents endroits stratégiques :

  • Dans la chambre, à côté du lit.
  • Dans la salle de bain, à côté du lavabo.
  • Dans la cuisine, à côté de la cafetière. Ou du frigo.
  • Dans le salon, sur la table où je déjeune.
  • Dans l’entrée, sur la petite table où je pose tout ce que je ne dois pas oublier.

Mr Patate a tout fouillé. Introuvable. Je me dis « ouais tu parles, il a mal cherché » (il est incapable de trouver le pot de moutarde qui est juste devant son nez). En rentrant, je cherche à mon tour. On a retourné toute la maison : impossible de mettre la main dessus. Et en plus, on a gagné le droit de ranger. Un éclair de génie me traverse l’esprit : « Nan mais t’inquiète chéri, j’ai mis mon réveil donc il sonnera demain matin et on le retrouvera derrière les toilettes haha ! ».

Sauf que le réveil ne s’est jamais fait entendre. Nous ne l’avons jamais retrouvé (c’est pas faute d’avoir aussi fouillé les toilettes). Je n’ai jamais compris ce qu’il s’était passé. C’est un mystère… Je me mets en deuil. Il va me manquer. En plus il avait un super flash frontal pour l’appareil photo de devant.

Je m’attendais à ce que Mr Patate me crie dessus, ou au moins qu’il me fasse la morale. Je redoutais ce moment, mais j’étais préparée psychologiquement à affronter cette étape dignement. Et puis, objectivement, c’était mérité.

Et ben, Mr Patate a été très compréhensif. Il n’a rien dit et m’a racheté un téléphone dès le lendemain en choisissant la livraison Express. Il m’a même fait un bisou.

Mr Patate 1 – Sofhy 0

clé de voitureDans le même genre, j’ai perdu mes clés de voitures. Heureusement que le double des clés a été inventé ! Ben lui aussi je l’ai perdu. Les 2. En même temps. Chose qui n’arrive jamais. On a tout fouillé, comme pour le téléphone. J’ai retourné l’armoire, fouillé toutes mes poches, tous les tiroirs, tous les recoins de la maison, j’ai même regardé dans le pot à farine. Introuvables. Il a fallu faire venir une dépanneuse à la maison pour amener ma Gwladys au garage. D’ailleurs, au passage, le dépanneur s’est bien foutu de ma gueule. Ptit con. Vas-y, rajoutes-en. J’en suis venue à la conclusion qu’un esprit farceur habitait notre maison et avait décidé de me faire ma fête. Il n’y a pas d’autre explication possible.

Une fois de plus, je me suis préparée psychologiquement aux foudres de Mr Patate. Une fois mais pas 2 hein ! Là, c’est sûr, il va crier. Je le mérite puissance 10. Je m’énerve moi-même, j’ai envie de m’auto-baffer. Alors si je m’énerve moi-même, je dois beaucoup, beaucoup l’énerver aussi. Et ben en fait non. Il n’a même pas esquissé un petit froncement de sourcil, ni même un petit haussement de sourcil. Juste un petit regard qui sous-entend : « Sofhy… C’est pas possible d’être comme ça… ». Même si je ne l’entends pas de vive voix, je l’entends bien dans ma tête. Oui, tu as raison.

Mr Patate 2 – Sofhy 0

D’ailleurs, si ça devait vous arriver, sachez que vous avez peut-être une assurance qui prend en charge le remboursement pour la perte ou le vol des clés avec votre carte bleue. Oui oui ! Je ne le savais pas, et j’ai été bien contente de l’apprendre.

tête en l'air

1 an et demi plus tard, nous n’avons toujours pas retrouvé Joe, ni les clés. On y repense de temps en temps en se disant « c’est fou quand même… »

Il y a des périodes comme ça que j’appelle «  de l’extrême »

 

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