Comme tous les ans, la fin du mois d’Août annonce inévitablement l’automne qui approche, mais aussi… Commencer la prépartion à l’hiver ! Et oui ! Ça parait trop tôt pour y penser, mais nous, on s’en est bien rappelés. En même temps, l’automne arrive à grands pas… j

Je suis un peu en avance pour annoncer la transition, mais c’est de la faute de Mr Patate: il a contacté le Monsieur qui nous vend le bois pour la cheminée au tout début de l’été.

Chaque année, c’est une sacré corvée… Pas de doute, se chauffer à la cheminée, ça se mérite. Je redoute ce moment dès le mois de juillet. Quand Mr Patate m’annonce qu’il faudrait penser à commander le bois pour l’hiver, je fais mine d’être absorbée par une chose teeeeeeellement plus importante qu’il croit que je n’ai pas entendu.

Mais si si, j’ai bien entendu. J’entame même mon processus de préparation psychologique invisible. Parce que pour un truc comme ça, il m’en faut du temps pour me préparer psychologiquement. C’est vraiment nécessaire, et très important pour être d’attaque le jour J.

On ne sait pas en avance quand on va être livré. Jusqu’au jour où nous recevons THE coup de téléphone qui ruine nos plans du lendemain. « Heyyy ! Je passe vous déposer le bois ce soir ! » Hein ? Quoi ? Comment ? Ce soir ? Nonnnnnn !!!!! On a beau se préparer psychologiquement 1 mois avant minimum, ça fait toujours un choc.

Un beau jour en plein mois d’août, sous une chaleur écrasante, un monsieur arrive avec son camion bien chargé. A chaque fois, je regarde la remorque et me dis : « c’est quand même con de devoir décharger un bois si bien rangé ». Ça m’arrangerait bien qu’il nous laisse carrément sa beine et la récupère une fois vidée l’année d’après.

Le monsieur lève sa remorque, et là, tout le bois bien méticuleusement bien rangé dévale devant notre garage. J’ai l’impression d’être dans une fusion de jeu de quilles géant et de tétris. Quand le bois tombe, ça fait exactement le même bruit qu’un strike, mais en beaucoup plus puissant. Le sol tremble sous le poids de ces énormes bûches, c’est la débandade du bois, et même l’apocalypse du bois. Nous nous retrouvons avec un monticule énooooorme en total freestyle.

Et ce monticule, il va falloir le ranger, comme dans tétris.

Il va falloir prendre chaque bûche une par une et les disposer harmonieusement dans un coin.

Il est 19 heures. Nous sommes tous les 2 devant notre gros tas à l’observer attentivement, mesurant la charge de travail qui nous attend. 

Voilà le tas vu d’en haut. Sous cet angle, c’est beaucoup moins impressionnant qu’en vrai. Mais il y a pas mal de bois invisible caché sous la terrasse 😉

Comme nous n’avons absolument aucune motivation instantanée, nous décidons de remettre la session rangement ultérieurement. En prenant notre temps, bien entendu. Quitte à le faire sur plusieurs jours. Nous connaissant, c’est dangereux. On serait bien capables de garder tout ça en l’état pendant au moins 2 mois.

Après l’avoir contemplé 10 bonnes minutes en se murmurant « Mama mia !!! » mentalement pour ne pas nous auto-affoler, nous sommes retournés vaquer à des occupations nettement plus divertissantes.

Le lendemain, après une bonne nuit de sommeil grandement nécessaire pour trouver le feeling du bois, je me suis levée ultra motivée. Il est 9 heures, j’ai super bien dormi, j’ai la patate, il fait beau, les oiseaux chantent, la température est pour le moment idéale. Ça sent la journée de la perfection. La nuit m’a permis d’accepter ma destinée. Pas de doute, dormir, c’est important.

Mr Patate dort encore. Je me tâte : je commence sans lui, ou je prends le temps de me réveiller ? Pour que je me pose ce genre de question au réveil, c’est que vraiment, ma motivation est à son niveau le plus extrême. J’hésite, vraiment pas longtemps, puis décide de prendre le temps de me réveiller. C’est les quand même, tranquille ma petite, va pas faire une overdose de bois maintenant… Petit déjeuner englouti, la journée peut commencer…

Sachant que cette journée sera difficile, sachant qu’après l’objectif du jour je n’aurai plus aucune motivation à rien à part m’allonger par terre pendant 1 heure en étoile de mer, je décide avant avant toute chose d’anticiper le réconfort post effort. C’est important le réconfort. Comme Mr Patate dort encore, je me lance dans la préparation du repas du soir. Il ne s’y attend pas, et je pourrai lui dire : « Surpriiiiiiiiise ! Ma jolie Patate, vous n’avez plus qu’à vous mettre les pieds sous la table ! ».

Là, c’est la pression. Je sais qu’après tout ça Mr Patate sera affamé et n’acceptera pas de manger un truc moyennement bon. Il lui faut du bon, du très bon, et même du maxi bon pour le rendre le plus heureux du monde. Je veux qu’il soit comblé. Je risque d’être dans le même état que lui. Il va falloir assurer, je n’ai pas le droit à l’erreur – j’adore me mettre la pression toute seule – .

Oooouuuuhhhh que je t’aime toi !!!kiss

Au menu du soir, ce sera Bagels au saumon Gravlax (saumon réalisé par Mr Patate 2 jours avant), suivi d’une crème glacée aux cookies, celle de la fameuse marque Ben and Jerry’s dont je suis littéralement tombée amoureuse, celle qui me rend complètement dingue, celle que j’attends impatiemment de faire depuis que le soleil est revenu, mais 100% maison ! Avec ma merveilleuse recette des American Cookies, ça va déboiter. Nous aurons bien besoin de ça pour nous redonner toute l’énergie que nous aurons perdue.

Et au passage, je mets 2 bières au frais. Je m’en rappellerai quand je serai dans le dur. Tout ça promet une magnifique fin de journée… J’ai déjà hâte d’y être.

J’ai surtout hâte de goûter ma glace…

2 heures plus tard, Mr Patate émerge d’un profond sommeil. Petit café servi avec amour et tendresse, puis je lui annonce que je vais commencer à ranger le bois. Visiblement, ja l’ai pris au dépourvu : il ne s’attendait pas du tout à ce programme. Moi non plus d’ailleurs, je m’auto-étonne. Il fait un calcul mental rapide, se dit qu’au moins ce sera fait, qu’on aura ensuite la paix, puis décide de suivre mes plans sans réelle conviction apparente. L’appétit vient en mangeant n’et-ce-pas?

Armés de courage, nous chaussons nos chaussures, nous habillons de façon à supporter la chaleur étouffante, attachons notre ceinture Polar (tant qu’à s’activer, autant mesurer notre dépense énergétique pour savoir jusqu’à quel point nous pourrons nous réconforter), j’installe mes écouteurs dans les oreilles, lance ma playlist Musiques motivantes, puis nous descendons affronter la montagne.

Face au tas de bois, nous prenons 2 minutes pour l’appréhender et visualiser son futur emplacement. Nous discutons rapidement du plan d’attaque, Mr Patate insiste bien sur un point très important : il faut une belle base bien solide. Parce que si tout ce bois se casse la figure à la fin du rangement, il y a de quoi faire une dépression.

Et puis arrive le moment où il faut se lancer. Il fait déjà plus de 30°, on est en sueur alors qu’on n’a pas encore commencé.

Et puis… C’est parti ! En avant les enfants !

C’est fou comme on passe par 50 états d’esprit différents en 2h30.

Journal de bord

Commencement du rangement

« Moi, je suis une guerrière ! Hahahaha de la rigolade ce tas ! Même pas peur ! Tu vas voir comment je vais m’en occuper ! T’as vu mes muscles ? Matte ! Hey ! Je prends même les bûches 3 par 3 ! T’es bluffé, hein ? Tu t’attendais pas à autant de robustesse, avoue ! ».

Je n’ai pas vu la première heure passer. Rien ne m’arrête, j’avance à un bon rythme, notre pile prend forme doucement. Je suis tellement motivée que ma propre motivation me motive. D’où la préparation psychologique dès le mois de juillet. Vous comprenez maintenant ?

1 heure de rangement

Je glisse à Mr Patate : « tu le sens le moral de sportif là ? Hein ? Avant, au bout de 10 minutes on en pouvait déjà plus, et là ça va tout seul ! C’est cool même ! T’as vu les progrès qu’on a faits ? »

Mr Patate me fait un sourire forcé et acquiesce gentiment. Visiblement, il est dans le dur. Il fait 35°, le tas de bois est en plein soleil, nous transpirons toute l’eau que notre corps contient. J’en suis même à m’étonner de la quantité de transpiration que nous arrivons à dégager. Je me dis que c’est bien, ça nous fait notre séance de sport.

1h40 de rangement

Mr Patate sent ma détresse et essaye de me remotiver. Dans ces moments-là, j’en ai tellement marre que je peux vite devenir agressive. Vaut mieux ne pas essayer d’entrer en contact et me laisser seule avec moi-même. Je pourrais pleurer dans les cas extrêmes. Il est loin le moral de sportif qui ne lâche rien.

Voyant que j’arrive à bout de force, Mr Patate propose une petite pause. Oh ouiiiii ! Une pause ! Secrètement, j’avoue espérer une pause de 2 ou 3 jours, mais je garde mon idée dans ma tête. On ne sait jamais, je pourrais changer d’avis dans les 30 secondes qui arrivent. Je me laisse tomber au sol, Mr Patate me tend une belle grosse bouteille d’eau glacée que j’ai limite envie de me verser sur la tête, ainsi qu’une banane que je mange sans grande conviction. J’analyse le tas restant, je me demande dans quel état d’esprit est Mr Patate. Est-il comme moi ? Va-t-il accepter de reporter le reste 2 jours plus tard ?

Sous mes yeux ébahis, il attrape 2 grosses bûches et se met les lever, les baisser, les lever, les baisser, les lever… Je comprends qu’il en profite pour faire sa séance de musculation. Bon… J’ai la réponse à ma question. S’il n’était pas trop motivé au début, maintenant, il l’est bien. « Vois-le comme une séance de sport Sofhy ! » Oui oui, j’avais bien compris, et c’est ce que j’ai fait. Mais là, j’ai eu ma dose. Une belle grosse dose d’ailleurs. Vaccinée pour au moins 1 an de bois.

Cette petite pause, il faut l’admettre, m’a fait un bien fou. J’ai retrouvé un peu le moral en constatant que tout de même, le tas avait bien diminué. La fin approche, il doit rester un tout petit tier à ranger.

La bière fraîche arrive…

1h10 de rangement

Là, il faut avouer que ça devient de plus en plus difficile. Nous n’avons mangé qu’une pauvre banane chacun avant le rangement, les ressources qu’elle nous a données ont été largement exploitées. Les muscles commencent à tétaniser, la chaleur commence à peser, j’ai faim, j’ai soif, j’ai chaud, je suis en eau, j’en ai marre. Très marre.

A partir de ce moment précis, ça devient une torture. Le tas devient haut, les mains commencent à lâcher les grosses bûches sans prévenir, on se les prend sur les pieds si on ne manque pas de s’assommer avec, on trébuche sur de petites branches éparpillées dans tous les coins manquant de nous casser la figure à chaque aller-retour, les échardes arrivent à traverser les gants de protection et se plantent dans nos mains, la sueur et la poussière nous vont directement dans les yeux nous rendant totalement aveugles…

D’un coup le temps passe très lentement, 5 minutes me semblent durer des heures, et surtout, on a l’impression que le tas de bois ne diminue pas, mais alors, pas du tout.

J’essaye de me motiver en pensant au résultat final, en m’imaginant manger ma glace aux cookies ultra rafraîchissante, et cette petite bière dans le frigo qui n’attend que moi… Mais ça ne marche pas vraiment. Ou alors un tout petit peu. Mais c’est infime.

2h30 plus tard, nous sommes enfin arrivés à bout du tas !

Mr Patate et moi, on a fait une super équipe. 

Notre état d’esprit face au bois a été complètement contradictoire du début à la fin. J’ai commencé ultra motivée, lui absolument pas. Plus j’avançais dans le travail, plus ma motivation diminuait alors que la sienne grandissait de minute en minute. Du coup, sans le vouloir, on s’est mutuellement poussés à aller au bout. C’est pas du vrai travail d’équipe ça ?

Nous sommes lessivés. Corvée terminée, nous sommes allés prendre une bonne douche bien froide, puis nous nous sommes affalés dans le canapé, à la limite de sombrer instantanément dans un profond coma réparateur.

On a quand même pris le temps d’admirer notre tas de bois tous les 2 pensifs. On a fait du bon travail. Bravo ma Patate, bravo moi.

Nous noterons que nous ne nous en sommes pas sortis indemnes.

Ce qui est sûr, c’est que je repenserai à tout ça à chaque fois que mes yeux se poseront sur ce tas gigantesque.

Le temps de passer à l’étape du réconfort tant attendue est enfin arrivé. Heureusement que je l’avais anticipée, parce que je n’avais plus envie de rien faire à part dormir pendant 2 jours. Toute mon énergie vitale s’est volatilisée.

La bière d’une grande fraîcheur a été merveilleusement salutaire, et le repas… Han ! Une grande réussite. J’avais peur que Mr Patate ne soit pas satisfait, mais finalement, il a été plus que conquis, et même bluffé. En même temps, quand on a faim, tout ce qu’on mange n’en est que meilleur…

Glace aux grooos éclats de cookies <3

Bagels au saumon Gravlax, avocat et fromage frais <3

Tellement bonne qu’on a déjà presque tout mangé 🙂

Nous sommes officiellement prêts à accueillir le froid. Et d’ailleurs, il s’est déjà bien installé… Je suis présentement en pantalon doudouneux et grosse polaire. Je suis même à 2 doigts d’aller chercher une couverture en rab. J’ai du mal à croire que je mangeais des glaces il y a même pas 2 semaines…

On est prêt à faire péter le feu de cheminée.

– Mr Patate ?
– Oui ?
– Avez-vous des choses à dire concernant cette journée boisée ?
– Dodo…
– Bonne nuit petite Patate !

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