Ahhh… La galette… Elle et moi, c’est une très, très, trèèèès grande histoire d’amour. Quand j’étais petite, j’en mangeais seulement dans l’espoir de tomber sur la fameuse fève et de devenir la reine. Tant que je ne tombais pas dessus j’en mangeais, encore et encore, jusqu’à en être complètement dégoûtée. J’en mangeais tellement que rien que le fait de la regarder me donnait envie de vomir. Ça aurait pu me dégoûter à vie, mais non. Au contraire. Le mot « galette » me fait complètement saliver.

2 grandes catégories se battent en duel : la galette frangipane ou la galette brioche. C’est rigolo, la galette brioche a plusieurs noms selon les régions. Moi, je l’appelle galette Bordelaise. Chez nous, on appelle ça une Coque des rois. N’allez surtout pas parler de brioche, vous pourriez vous faire mitrailler. Parce qu’ici, une Coque n’est pas une brioche (je cherche toujours la différence). Selon les régions, on lui donnera encore d’autres noms.

L’autre jour, je me demandais pourquoi on mettait une fève à l’intérieur, et pourquoi la galette est devenue une tradition suivie de tous. Des fois, je me pose des questions existentielles. 

Un peu d’histoire…

Vous avez sûrement déjà entendu parler des rois mages. D’où la fête des rois. A la naissance de Jésus, les Rois Mages Gaspard, Melchior et Baltazar sont venus lui rendre une petite visite de courtoisie. Pendant 12 jours, ils ont suivi l’étoile du Berger et sont arrivés devant Jésus le 6 janvier. Comme ça ne se fait pas d’aller chez des gens les mains vides, ils ont apporté de la myrrhe, de l’encens et de l’or. Hey les gars ! Si vous voulez venir me voir, contentez-vous de l’or, vous embêtez pas !

Chaque année, cet évènement appelé donc Epiphanie est fêté le dimanche le plus proche du 6 janvier.

L’Epiphanie est célébrée dans tous les pays catholiques. Mais la galette, elle, est française. Elle a été inventée par l’Eglise au 13ème siècle. La tradition voulait que les familles coupent 1 part de plus que le nombre de personnes présentes et de l’offrir au premier pauvre qui passait par là. C’est beau…

Et la fève dans tout ça ?

La présence de la fève dans la galette remonte à l’Antiquité chez les Romains. Début janvier, de grandes fêtes étaient réalisées en l’honneur de Saturne (les Saturnales). Pendant les cérémonies, le roi d’un jour était tiré au sort parmi les esclaves et les prisonniers. Le roi était celui qui trouvait la fève dans un .

Les Saturnales étaient une fête d’inversion des rôles dans le but de déjouer les effets néfastes de Saturne. Le roi d’un jour avait alors le pouvoir d’exaucer tous ses désirs pendant une journée. Il pouvait donner des ordres à son chef avant d’être mis à mort ou de retourner à sa vie de boniche (avec la vengeance du chef qui va bien). Ça rigole pas. Si je disais ça aux PiouPious, je crois qu’ils ne voudraient plus jamais être roi.

De nos jours, celui qui trouve la fève ramène une galette !
Normalement, fêter la galette ne devrait donc jamais s’arrêter !
Ca me plairait bien dites-donc… 🙂

Pour distribuer les parts de façon aléatoire, le plus jeune se plaçait sous la table et nommait la personne destinée à manger la part choisie par le serveur.

A l’époque, la fève n’était qu’un haricot blanc. Maintenant, la fève est carrément plus classe !

Les années 1700 ont vu l’arrivée de la famine. Les pâtissiers n’avaient plus le droit d’utiliser la farine. Elle était réservée aux boulangers pour ne faire que du pain, sous peine de représailles sauvages. La galette a été interdite et a failli disparaître. Heureusement qu’il y a des insoumis. Révolution !

J’ai toujours détesté l’histoire. Mais si on vient me parler de l’histoire de la nourriture, j’avoue, je suis ultra attentive. 🙂

Et encore… Je vous donne les grandes lignes. Allez donc faire un petit tour sur Wikipédia pour une histoire encore plus détaillée et plus longue. C’est hallucinant. Ca vous fera des choses à raconter quand vous partagerez votre galette 😉

Bref…

J’avais terriblement envie d’une galette. J’ai cherché toutes les recettes de galette possible pour trouver le Saint Graal de la galette. Je voulais la galette de compétition, pas une galette de kéké. J’étais tellement motivée que j’ai même décidé de faire ma pâte feuilletée moi-même. Et bien messieurs dames, cette recette est vraiment la meilleure que j’ai jamais faite. Et j’en ai fait de la galette ! Là, on dépasse même la galette de la meilleure boulangerie du coin.

Je l’ai trouvée chez Valérie du Blog C’est ma fournée. Sa recette de pâte feuilletée est très bien expliquée et est juste excellente. Je vous invite à y jeter un œil si vous voulez vous lancer ! RDV ici ! Non, ce n’est pas difficile. Il faut juste être rigoureux et patient 🙂

Comme c’était ma première pâte feuilletée, j’ai eu quelques échecs, notamment la fameuse rétraction de la pâte à la cuisson, pourtant c’est pas faute de l’avoir laissée reposer au frais 2 heures. J’aurais dû laisser la galette une fois montée reposer encore un peu avant de l’enfourner.

J’ai soudé mes 2 disques de pâte feuilletée (sur la grille du four directement, même pas peur), mais lors de la cuisson, les disques se sont décollés et celui du dessus s’est ratatiné. Toute la frangipane s’est mise à couler partout dans le four. Heureusement, j’ai réussi à la sauver in extremis. Ouf. Tant de travail pour la mettre à la poubelle… C’est trop dur. Je l’ai faite glisser rapidos dans un moule à pour sauver les meubles. Au passage, une partie de la frangipane s’est retrouvée étalée sur mes pieds. Ca brûle. Voilà pourquoi la moitié gauche de ma galette a une tête un peu bizarre 🙂

J’ai voulu faire la maligne : j’ai zappé l’étape de repliage des bords de la galette et le retournage comme Valérie le recommandait. Échec.

Note à moi-même : écouter Valérie, et faire la galette dans
un moule à tarte pour éviter toute catastrophe.

La recette de Valérie vient du grand chef Olivier Bajard. La frangipane est un mélange de crème d’amandes et de crème pâtissière. Il y a également un sirop, mais après autant de temps passé à faire la pâte feuilletée et étant trop pressée de la goûter, j’ai laissé tomber. Prochaine fois, je pense que je le ferai. Il n’est pas indispensable.

Comme j’aime les galettes bien fournies, j’ai multiplié les proportions par 2. Pas bien… Mais c’était parfaitement parfait comme ça. Et vous savez quoi ? J’ai même multiplié les proportions par 4, j’ai utilisé la première moitié pour ma galette, et la deuxième moitié pour des viennoiseries à la frangipane et pépites de chocolat. J’vous raconte pas le kiff du week-end… On a eu notre dose de gras je crois.

Bon, vous aurez compris, je pourrais vous parler de la galette pendant des heures… Je pourrais même faire un blog spécial galette je crois. 

Pour résumer : je me marierais bien avec une galette. Quelques ratages, mais la prochaine n’en sera que plus belle. Parce que niveau goût, elle n’a rien à envier à personne. Merci Valérie, tes recettes m’ont comblée. Grâce à toi, je me sens talentueuse. Merci. Merci. Et encore merci…

La recette arrive !

La recette (halleluia!)

Crème pâtissière

Dans une casserole, portez le lait et la crème à ébullition.

Faites blanchir les jaunes d’œufs avec le sucre et la Maïzena. Versez la moitié du lait chaud, mélangez, puis reversez le tout dans la casserole.

Placez la casserole sur feu moyen et faites épaissir en remuant constamment. Cette étape est rapide et doit prendre environ 1 minute.

Réservez au frais jusqu’à ce que la crème pâtissière soit froide.

Crème d’amandes

Fouettez le beurre de façon à le rendre lisse. Ajoutez les amandes, la Maïzena et le sucre. Mélangez puis ajouter les œufs petit à petit. Parfumez avec le Rhum et l’arôme d’amande amère selon vos goûts. Réservez.

Une fois la crème pâtissière froide, mélangez les 2 préparations.

Certains ajoutent des pépites de chocolat, d’autres remplacent les amandes
par des noisettes ou des pistaches, vous pouvez également la garnir de fruits
comme des framboises… Libre à vous de laisser aller vos idées !

Montage 

Déposez un disque de pâte feuilletée sur la plaque de votre four recouverte de papier sulfurisé. Garnissez avec la frangipane en laissant une marge sur les bords. Le mieux est d’utiliser une poche à douille pour l’étaler de façon homogène. Partez du centre, puis dessinez un escargot pour vous en éloigner. Déposez la fève (j’ai tendance à l’oublier systématiquement), puis, à l’aide d’un pinceau imbibé d’eau froide, humectez les bords.

Déposez le 2ème disque de pâte feuilletée dessus en faisant attention de bien chasser l’air. Soudez les bords, puis repliez la pâte. Cela évitera la catastrophe de la frangipane qui s’échappe. Vous pouvez aussi la placer dans un moule à tarte pour plus de sécurité.

Valérie préconise de retourner la galette sur une feuille
de papier sulfurisé pour « se simplifier la vie », dit-elle.
Moi, j’ai voulu me la compliquer. 🙂

Dorez la galette avec un jaune d’œuf, puis laissez-la reposer au frais au moins 30 minutes. Dorez une seconde fois, puis faites des dessins avec la pointe d’un couteau. Laissez aller vos pulsions artistiques ! (Je n’ai doré ma galette qu’une seule fois).

Faites cuire 5 minutes à 200°, puis 20 minutes à 180°.

Et voilà ! 

Ouuuhhh Ça me donne envie d’en refaire une très vite !

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