Aaaaah l’été… Il fait beau, il fait chaud, c’est la saison des motards par excellence ! Profitons en, le mauvais temps rapplique !

J’avoue, j’avais préparé un super article avec des citations, tout ça tout ça, un truc bien quoi ! Mais mon disque dur avec tous mes brouillons a décidé de m’abandonner : il a grillé. Retour à zéro. Loose extrême, je suis dégoutée. Vive la technologie (ironie).

Kawasaki zzr 1400<—- C’est Mr Patate qui m’a refilé le truc 😀 (il est beau hein?) (*.*). Je nous revois au début : lui avec sa grosse , alias Le Requin, moi, petite fille sage super impressionnée par la bête, n’osant même pas la toucher de peur de la faire tomber (250 kilos, c’est fragile). Mon premier tour, je m’en souviens bien. Je les regardais tous les 2, lui et Le Requin. Il rêvait de m’emmener avec lui. Je me disais « moi ? Monter là-dessus ? Hahahahahaaa, jamais de la vie ». Puis finalement, l’amour nous poussant à faire des choses complètement insensées, je l’ai suivi. J’ai grimpé derrière lui. Ben je faisais pas la maligne.

Plongeon en arrière, il y a maintenant 3 ans et demi…

Premier abord. Je flippe, j’ai pas envie. Il m’explique les règles, je comprends que ça déconne pas, laKawasaki zzr 1400 moto, c’est du sérieux. Il me fait clairement comprendre qu’au moindre faux pas, on risque de mourir. Littéralement. Pression… J’accepte de remettre ma vie entre ses mains, je lui voue une confiance aveugle (mais prie tout de même intérieurement pour qu’il ne nous arrive rien : allez expliquer à mes parents ce que je fous sur une moto dans la campagne avec un inconnu alors que je suis sensée être au travail…) Dans ma tête une petite voix joue en boucle : « tu es prête à assumer ça Sofhy ? » La réponse : Non. Je flippe ma race, j’ai peur, mais il a l’air tellement content de me faire ce baptême que j’ai pas le droit de me dégonfler. On joue les premières impressions là, il doit me voir forte, battante, fonçant tête baissée ! J’y vais, je me lance, je le suis. Mais avec les chocottes et les genoux qui jouent des castagnettes, avec les bonshommes dans ma tête qui crient : J’ai trop peuuuur !! Monte pas sur cet engin, espèce de malade !

C’est parti ! Première étape : test du passager pour voir si je ne risque pas d’être à l’origine d’un déséquilibrage de moto qui nous serait fatal. Il roule à petite vitesse, slalome légèrement pour pencher la moto et voir mes réactions. Je répète dans ma tête les règles CAPITALES énoncées 2 minutes plus tôt :

  1. Se tenir à mon cher et tendre : check
  2. Ne pas bouger les fesses : check
  3. Etre décontracté : pas check
  4. Ne pas lutter contre l’inclinaison dans les virages : presque check
  5. Taper sur son ventre si ça va pas : je tape, ça va pas.

Il se range sur le côté. « Ca va pas ? 

– Bennn euuuhh on va vite quand même tu pourrais pas aller un peu plus doucement, juste là pour que je m’habitue?

– On est à 30 kmh là… Donc non on ne peut pas.

– Ah Ok. Nan bah ça va. Attend… *respire un grand coup* Ok c’est bon vas-y. »

Il se remet en route, je m’accroche à lui, je ferme les yeux, et essaye de me laisser porter. Pour la décontraction, on verra ça plus tard. J’ai l’impression de faire un exercice de gainage niveau compétiteur extrême ultra prolongé. Il prend de la vitesse, je sens la moto s’incliner. J’ouvre les yeux, je me rends compte que le sol est quand même vraiment pas loin et se rapproche dangereusement dans les virages. Bon, garde les yeux fermés va, ça vaut mieux….

Finalement, après un tour de chauffe, ça l’a plutôt fait. Je me décontracte, je me sens mieux, j’arrive Motardsà profiter. A peu près. J’avoue, les sensations sont tops, et le paysage est vraiment magnifique. Un rêve… Quelques trajets plus tard, même plus peur. J’y vais sans les mains, sans les pieds, fingers in the nose ! Roue arrière, accélération digne d’un avion de chasse, freinage d’urgence… Je suis devenue une passagère modèle sans peur. J’y ai tellement pris goût que très vite être passagère n’a plus été assez pour moi. J’avais besoin de plus, je voulais me trouver derrière le guidon, je voulais piloter. Me voilà inscrite au permis de conduire. Quelques mois plus tard, permis en poche, j’entre dans le cercle privé des motards (ceux qui se font un signe motoquand ils se croisent, qui ne lâchent pas la route des yeux quand ils entendent un moteur au loin, qui font le tour des motos garées pour les contempler, tout ça tout ça…). A moi de piloter, à moi de kiffer ! Nous avons la chance et le privilège d’avoir chacun notre moto. Mr Patate m’en a trouvé une magnifique rien que pour moi : une Suzuki GSXF 600 (Judith pour les intimes). Aux côtés de sa Kawazaki ZZR 1400 (Le Requin pour les intimes), faut dire que ça en jette quand même…

Suzuki gsxf 600, Kawasaki ZZR 1400

Ma Judith est géniale, je l’adore, j’en suis fière (les motards comprendront). Elle s’est parfaitement bien intégrée dans le décor du garage et a très vite trouvé sa place à côté du Requin. *Attention les yeux* – Ca déboîte quand on ouvre la porte du garage, jvous l’dis moi ! 

Et hop ! A nous la liberté, à nous les balades ! On est beaux, on est assorti comme tout couple qui se respecte, jusqu’au bout des doigts (il a des gants verts, j’ai les mêmes en orange, hihi). Quand on roule tous les 2, on a le style baby !

Kawasaki zzr 1400, Suzuki gsxf 600

Après une semaine de chaleur extrême, le week-end se fait plus doux nous laissant un peu de répit (transpirationnement parlant). La chaleur en moto, c’est dur. La moindre manœuvre, le moindre coup de stress vous mettent complètement en sueur (les gouttes qui coulent dans le dos, tout ça tout ça). L’avantage, c’est qu’en roulant, ce phénomène crée une climatisation naturelle :

Corps mouillé + courant d’air = rafraîchissement

C’est mathématique.

balade en moto

Nous profitons donc de la baisse de température pour enfourcher les motos et aller affronter les virages en amoureux. Nous n’avons pas pu en faire pendant un moment, alors c’est carrément la jubilation pour nous. Avant de partir, nous nous mettons d’accord : « Bon, on n’en a pas fait depuis longtemps chéri, je me sens un peu fatiguée aujourd’hui, alors on y va molo hein ! Mode balade, pas circuit !

– Oui oui t’inquiète, je me sens pas très très bien non plus toute façon !»

Parfait, on est d’accord, c’est parti pour la balade…

balade à moto

Au bout de quelques minutes, Mr Patate tape une pointe et me sème littéralement. Je me retrouve seule sur la route. C’est allé à une telle vitesse que j’ai rien compris. D’habitude, quand il fait ça il m’attend. Là, il m’a tracée, rien à faire, rattrape moi si tu peux. J’accélère pour le retrouver, les virages s’enchaînent, pas de trace de ma Patate. Je bougonne « la tronche de la promenade en amoureux, super, nul, pourri, m’énerve, si c’est ça ben la prochaine fois j’irai toute seule ce sera pareil. Heureusement qu’on avait dit baladounette tranquille, pépère hein ! ». J’ai 5 ans : me sens abandonnée à mon triste sort, il ne verra pas mes progrès fulgurants depuis la dernière fois, tristesse absolue, mode boudin enclenché.

Je le retrouve, il roule sur le côté de la route en warning. Il y aurait un panneau accroché dans son dos « Attention, j’attends un escargot », ce serait pareil. Puis, je me rends compte qu’il prend la route pour aller chez son cousin. Je pense à notre balade, à notre pause dans un champ, à notre moment d’amoureux qui me passe sous le nez. Et je comprends : mets la toi derrière l’oreille ma petite, c’est pas pour cette fois !

Balade à moto

Je déteste m’arrêter chez son cousin en moto. C’est pas que je ne l’aime pas, c’est qu’il faut se garer. C’est en pente, avec de la terre pourrie qui s’enfonce (j’ai toujours peur que la béquille s’enfonce dans le sol et, de ce fait, retrouver ma douce Judith par terre. Définitivement, elle ne mérite pas ça), et le sol qui bouge. (Traduction du « sol qui bouge » : il y a des gravillons.) Dès que je pose  un pied au sol, il glisse, et je manque de me ramasser. Surtout qu’en général, toute la famille sort pour nous regarder quand ils nous entendent arriver, donc ça met grave la pression. Pas le droit de se louper sous peine de passer pour une débutante pas douée nullissime. *honte suprême*

Mr Patate, en bon gentleman, vient m’aider. Il attrape Judith par l’arrière et la tire vers lui en me donnant les directives. Un moteur de moto, ça fait du bruit. Donc j’entends rien. En plus avec un casque qui me couvre les oreilles, j’entends encore moins bien. Comme je comprends pas, il s’énerve, je panique, je me prends la botte dans le cale pied, mon deuxième pied glisse sur le sol, je me raidis pour ne pas tomber, c’est la cata. Le cousin me regarde, le stress monte alors encore d’un cran, je sens la sueur couler sur mon front (pas la petite gougoutte plus ou moins mignonne mais la cascade de transpiration). Tant bien que mal, j’arrive à me mettre en position de stationnement. Je serre mon embrayage, je tiens mon frein, j’ose plus rien lâcher de peur que Judith s’en aille sans moi (je ne m’en remettrais pas), Mr Patate s’excite, il faut faire quelque chose là, sinon il va pas tarder à devenir fou. Un, deux, trois, moteur coupé, béquille OK, je descends, retire mon casque. La sueur me rend luisante, cheveux collés sur le front (je suis pas trop stress résistante), je suis ultra pas sexy du tout. Super… Je regarde Mr Patate, le fusille du regard pour bien lui faire comprendre que la colère est en train de m’envahir tel un ouragan. Pourquoi ?

  • Ne pas parler de ses plans pour que je me prépare psychologiquement, c’est moche.
  • Rouler sans moi alors qu’on s’était mis d’accord, c’est moche aussi.
  • Me parler comme un gros caca alors que je suis paralysée par la panique juste à l’idée de me garer dans cette double pente caillouteuse, c’est ultra moche.

Il sait très bien ce qui ne va pas. Pas besoin de parler, je le sens (vive l’intuition féminine). Un peu de pitié ? De compassion ? De culpabilité ? Non. Au lieu de ça, il me regarde avec son petit sourire narquois, je peux lire la fierté dans son regard. Il me nargue, et je déteste ça. En plus, il sait que je dirai rien devant son cousin (je suis timide moi), alors il se fait un malin plaisir à soutenir mon regard, c’est une bataille de regard silencieuse. Ses yeux veulent tout dire : « Ha ! Tu l’avais pas vue celle-là hein ? » Espèce de ptit…. 

J’adore mon amoureux. Mais CA, cette attitude supérieure, ça me donne envie de lui tordre le cou.

Durant notre petite visite, je me suis transformée en bac à sable vivant. Leurs 2 enfants ont décidé de me mettre dans les mains toutes les « pierres précieuses » qu’ils trouvaient au sol. Je suis repartie de là les poches pleines de cailloux. Au moins mon pied ne glissera pas sur ceux-là. Personne ne me regarde ? Hop, je les remets dans leur lieu de vie naturel, ni vu, ni connu. Ils seront bien plus heureux ici.

Après un petit verre rafraichissant, nous reprenons la route. Je boude toujours.

On s’arrête à un Stop. D’habitude c’est le moment du point info. « Tu veux faire quoi chérie ? Tu veux aller où ? ». Je sens le moment de la vengeance approcher. Go, go, gooooo ! Je dégaine, accélération maximale, j’y vais, je l’attends pas, à moi la pointe. Mouahahahhahahaha !!! *rire machiavélique* Je l’ai largué, il est loin derrière, je suis fière de moi. Non non, sa chérie ne se traine pas la chatte. (C’est son expression préférée. Je la déteste, mais je suis sûre qu’il sera content de la lire ici. C’est un moyen caché de compenser mon boudin). Bon, évidemment, il me rattrape en quelques secondes et me repasse devant, mais c’était un moment de fierté. « Ha ! Tu l’avais pas vue venir celle-là hein ? »

balade à moto

Mr Patate ouvre la route, et cette fois, il reste près de moi. Il me promène, on avale les kilomètres, le paysage défile, le vent siffle dans mon casque (j’adore ce bruit). Petit à petit, ma mauvaise humeur s’évapore, j’oublie, je fais de la place au sentiment de bien-être qui grandit en moi. Tout va bien, il est toujours dans mon champ de vision, je le suis à la trace. Il me laisse passer devant puis se place à ma hauteur. Il me regarde, je jette un œil furtif, il lève le pouce genre « Yeaaaaaaaaahhhh babyyyy !! ». Je le regarde pas trop longtemps, j’ai peur de dévier de ma trajectoire et me le prendre en pleine face. Ce serait con… Quitte à avoir un accident de moto, autant avoir un accident stylé, où les gens feront « Olalaaa ! Les pauvres ! Tu te rends compte ? » et non pas « Haha, quelle naze la meuf… Pathétique. » ; pas un accident bête quoi. J’imagine toujours le titre que les journalistes seraient susceptible de mettre dans la rubrique « Faits Divers » de la Dépêche s’il nous arrivait quelque chose :

Un homme et sa compagne décèdent à moto

Dimanche après midi, un homme et sa femme sont décédés suite à une collision à moto. Ils roulaient l’un à côté de l’autre, quand sa femme a perdu le contrôle de son véhicule. Elle a tourné la tête à gauche pour regarder son compagnon, et n’a pas maitrisé son cap. Sa moto a automatiquement suivi son regard (règle de base du permis moto), elle lui est alors rentré dedans les tuant tous les 2 sur le coup.

La proximité, avec des engins puissants comme ça, ça me stresse. Du coup, mon regard reste imperturbable. Mais j’adore. Nous sommes tous les 2 seuls sur la route, côte à côte. C’est un de ces moments que la vie offre parfois et qui sont précieux, un instant suspendu dans le temps, tellement bref, mais magique. Un de ces moments qui vous font sourire bêtement. Pas la peine d’essayer de le contenir, on ne peut rien y faire, il monte tout seul. Comme les larmes parfois mais en sourire. C’est une bouffée d’oxygène, d’amour et de liberté en pleine face. Un moment où on se sent pleinement heureux et épanouis

-> C’est ça l’effet moto <-

 

moto

Il y a 4 ans, si un monsieur du futur avait débarqué dans ma vie en me disant « Sofhy, tu passeras ton permis gros cube et entreras officiellement dans le gang des motards » ; je crois que je lui aurais ris au nez. Comme  quoi… On ne sait jamais ce que la vie nous réserve.

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